Archives du mois : janvier 2018


Retour sur le Carrefour en Boischaut Sud 2018

19

Jan 2018

Retour sur le Carrefour en Boischaut Sud 2018

Hier soir se tenait, à Neuvy St Sépulchre, le 10ème Carrefour organisé par l’ADAR Civam. Cette année, une soixantaine de participants, agriculteurs, élus ou agents des communes, et particuliers, sont venus pour échanger sur le thème de la réduction des produits phytosanitaires.

Après un mot d’accueil de la mairie de Neuvy-St-Sépulchre qui a accueilli cette soirée en sa salle des fêtes, la soirée a été introduite par Daniel Calame, élu du Pays de La Châtre en Berry et Vice-Président de l’Adar Civam, rappelant que des Carrefours sont organisés depuis  2008 par l’Adar Civam sur le territoire afin de croiser les regards entre acteurs du monde rural.

 

Ce carrefour était l’occasion de promouvoir d’une part l’opération « Objectif Zéro Pesticides » dans le cadre de l’animation de la Trame Verte et Bleue en Pays de la Châtre en Berry, et d’autre part le groupe d’agriculteurs DEPHY, dans le cadre du plan Ecophyto.

 

M. Mitaty, maire de Crozon Sur/Vauvre, Philippe Routet et Marie-Annick Beaufrère, adjoints au maire de Neuvy St-Sépulchre, ont témoigné de leur expérience dans l’Opération Zéro Pesticides: du déclic venu pour des raisons de santé et de préservation de l’environnement, à la mise en œuvre technique, en passant par la communication envers les habitants.

A Crozon Sur-Vauvre, une visite en Brenne a donné envie au maire de s’engager : il a alors contacté le Pays de La Châtre en Berry pour que celui-ci s’empare de la démarche. C’est une volonté commune entre agents techniques et élus qui a permis à la commune d’être 100% Zéro Phyto en très peu de temps. La commune de Neuvy St-Sépulchre a également choisi d’entrer dans la démarche : « Nous réalisons déjà une foire Bio tous les ans, et sommes engagés dans l’Agenda 21, l’opération zéro pesticides était une suite logique », témoigne Marie-Annick Beaufrère. Le programme a permis un accompagnement technique par Gilles Dézécot, chargé de l’opération à Indre Nature. Concernant les trottoirs et espaces publiques, la gestion différenciée par zones, avec la végétalisation de certains espaces et la pratique de la fauche tardive sur d’autres zones, est un levier qui a été mentionné.

Le principal enjeu est de réussir la communication auprès des habitants : « ce n’est pas notre métier, on ne sait pas bien s’y prendre », admet Philippe Routet. Le s animations proposées par le CPIE Brenne-Berry via son salarié Quentin Revel sont alors entrées en jeu, en associant directement la population : atelier de semis en pieds de murs à Crozon S/Vauvre qui a attiré 40 personnes, construction d’un hôtel à insectes et d’un nichoir à oiseau avec les CM2 à Neuvy St-Sépulchre. Les élèves ont par la suite été jusqu’à demander un composteur pour les déchets verts de la cantine, que la mairie a mis en place.

 

Côté agriculture, le réseau des fermes Dephy (3000 fermes réparties dans 250 groupes en France) mis en place dans le cadre du plan Ecophyto, travaille à l’élaboration de références surdes systèmes moins dépendants aux pesticides. En Boischaut Sud de l’Indre, le groupe animé par l’Adar Civam regroupe 9 fermes en polyculture-élevage (dont 1 en agriculture biologique)  et 2 en grandes cultures, qui cherchent des solutions pour être plus autonome en alimentation  tout en réduisant les produits phytosanitaires et en améliorant la vie du sol.

Olivier Fradet, éleveur à Cluis, témoigne :

«Il faut d’abord se convaincre soi-même. J’ai eu des problèmes de paramphistomes (parasite) sur mes vaches, et malgré de plus en plus de chimie, le problème ne cessait pas. Face à cette impasse technique, j’ai cherché des solutions alternatives : avec des produits naturels, et en ajustant  plusieurs curseurs de mon système d’élevage (alimentation notamment), j’ai pu régler le problème. Le paramphistome n’est pas éradiqué, mais j’ai amélioré l’immunité de mes vaches, et donc ce n’est plus un problème. Je me suis dit, pourquoi  ne pas transposer cette logique sur les cultures ? Quand Lucas Henner m’a contacté pour former un groupe Dephy, j’ai donc accepté pour trouver des solutions dans ce groupe. »

Utiliser des variétés de céréales plus rustiques « qui ne sont pas des formules 1 mais qui sont plus robustes faces aux maladies », mélanger les variétés pour tamponner les aléas climatiques, les associer à des légumineuses pour limiter les besoins d’apports en azote, modifier sa rotation pour éviter de favoriser les adventices… De nombreux leviers ont été abordés. Loïc Dekoster, céréalier à Jeu-Les-Bois, a présenté sa démarche d’agriculture de conservation qui s’est aussi traduite par des réductions de pesticides. « A mon installation, des analyses de sols ont révélé de gros déficits et des problèmes de pH. Le premier objectif a donc été de reformer ces sols pour y faire fonctionner la vie ». Implantation de couverts multi-espèces entre les cultures, apports de matière organique, limiter au maximum le travail du sol, ont commencé à porter leurs fruits sur la ferme. « Au mois de janvier,  j’ai eu 80 mm de pluies en quelques jours. Les cannes de maïs laissées sur le sol dans mon champ de féverole ont permis de limiter l’érosion. J’ai aussi observé des champignons repousser sur certaines parcelles ».

 

Pour les particuliers, les solutions existent aussi pour reconcevoir l’entretien de son jardin sans produits phytosanitaires : « il faut réapprendre, regarder autrement et accepter qu’il reste des hautes herbes voire des orties ; les orchidées sauvages reviennent aussi, on se réhabitue à la présence d’insectes », témoigne une habitante. L’exposition  « Jardinons au naturel » proposée par le CPIE Brenne-Berry peut donner des idées  de techniques innovantes pour les habitants intéressés.

 

Jean-Claude Moreau, président de l’Adar Civam, a conclu ce débat riche en échanges. « C’est important pour l’Adar Civam que les agriculteurs, les communes, tous les acteurs du territoire puissent être libre dans leurs têtes et puissent innover pour trouver des solutions sur notre territoire. » C’est ce que les témoignages du Carrefour ont montré ce jeudi soir à Neuvy St-Sépulchre.

 

 

Avec le soutien de :


Carrefour en Boischaut Sud le 18 janvier : vers le zéro phytos, quels freins, quels moyens ?

12

Jan 2018

Carrefour en Boischaut Sud le 18 janvier : vers le zéro phytos, quels freins, quels moyens ?

La réduction des produits phytosanitaires est un enjeu qui concerne les agriculteurs, mais aussi les collectivités (Opération Zéro Pesticides) et les particuliers.

Pour croiser les regards, l’Adar Civam organise un Carrefour à Neuvy St-Sépulchre :

CARREFOUR EN BOISCHAUT SUD

 Vers le zéro phyto : quels freins, quels moyens ?

Regards croisés entre agriculteurs, collectivités et particuliers

Jeudi 18 janvier 2018 de 18h à 20h30

Salle polyvalente

36230 NEUVY ST-SEPULCHRE

Au programme :

  • Retours d’expériences locaux sur la réduction/suppression des produits phytosanitaires :
  • Opération Zéro Pesticides :

– témoignages des communes de Crozon S/Vauvre et Neuvy-St-Sépulchre

– interventions du CPIE et d’Indre Nature

  • Réseau de fermes DEPHY :

– témoignages d’agriculteurs du groupe Dephy Boischaut Sud

  • Echanges et débats avec la salle
  • Pot de l’amitié et buffet de produits locaux

GRATUIT – Réservation vivement recommandée

Merci de vous inscrire rapidement par mail à l’adresse suivante :

henner.adar.bs@orange.fr  ou par téléphone au 02 54 48 08 82