Portraits


Barbara Spanu

17

Avr 2019

Barbara Spanu

« En 2012, désireuse de quitter la vie chaotique de Paris, j’ai demandé et obtenu de télétravailler ailleurs en France, tout en restant salariée de mon entreprise. C’est en cherchant une maison sur Le Bon Coin que j’ai découvert le Boischaut Sud et que j’ai envisagé de m’installer au Pays de George Sand (une référence littéraire à laquelle j’étais particulièrement sensible).

À l’occasion de ma première visite, je me suis d’emblée rendu compte que le cadre de vie était propice : un lieu sain pour fonder une famille (c’est ici que je suis devenue mère), un environnement idéal pour la férue de cyclisme que je suis, un rythme respectueux de l’humain. Ainsi, grâce au télétravail, je suis sortie du cercle infernal du stress pour retrouver une qualité de vie qui me permet d’être non seulement épanouie, mais plus efficace professionnellement. Fini aussi avec la corvée des déplacements, l’angoisse d’être en retard et la fatigue s’accumulant au fil des jours : le temps que je ne passais plus dans les transports m’était enfin rendu pour que j’en profite pleinement.

Le fait de m’être éloignée de la grande ville n’a nullement affecté ma performance professionnelle, au contraire : dans mon bureau à la campagne j’ai trouvé la concentration et la sérénité nécessaires à améliorer la qualité de mes services. D’ailleurs, mon activité consistant à coordonner des équipes de traducteurs basés partout dans le monde, mon lieu de travail n’a aucune importance pour mes clients, pourvu que j’honore leur commande.

Le télétravail m’a permis de tester mes capacités d’organisation ainsi que mon niveau d’autonomie, m’amenant à concevoir mon propre projet de création. Je me suis décidée à tenter cette aventure après avoir découvert la « couveuse d’entreprises » de l’Indre, un dispositif qui permet de tester un projet entrepreneurial en toute sécurité (plus d’informations sur http://www.ples36.fr/). Aujourd’hui, accompagnée par la couveuse (qui me permet de renforcer mes compétences en tant que gérante), j’évolue dans ma carrière et je continue de proposer des traductions dans toutes les langues du monde à une clientèle de professionnels situés en France (majoritairement en région parisienne) et à l’international. Grâce à la montée en puissance du réseau internet local, le monde rural et les grands pôles économiques n’ont jamais été aussi proches…

J’espère que mon expérience, exaltante à bien des égards mais encore peu commune, inspirera d’autres personnes désireuses de trouver le juste équilibre entre qualité de vie et travail. »


Histoire d’une reconversion réussie

17

Avr 2019

Histoire d’une reconversion réussie

S’il fallait une preuve qu’il est possible de changer de métier et de s’épanouir dans sa « nouvelle vie » en s’installant sur une petite surface en maraichage, Fabienne Mijoin, maraichère utilisant la  traction animale à Laleuf (commune de Nohant Vic) peut en témoigner.

C’est en cherchant à concilier sa passion pour la nature, le souhait de s’alimenter sainement qu’elle en est venue à faire du maraichage conduit en traction animale avec des ânes (lire l’article qui lui a été consacré  en page 50 du N° 139 -Printemps 2017- de La Bouinotte).

Elle explique ses choix et revient sur les moments forts de son installation :

Pour quelles raisons t’es tu installée ici ?

« En Savoie, où je travaillais comme comptable, il n’y  avait pas de terre disponible à des prix inabordables.

J’ai suivi une formation sur la production des plantes sauvages et médicinales, puis j’ai passé un BPREA à la Motte-Servolex. Après cette formation, je n’ai pas réussi à retourner travailler au bureau. Je me suis posé la question de comment je pourrais vivre si je partais m’installer à la campagne. J’avais compris que se nourrir sainement est primordial. L’idée de produire mon alimentation m’a conduit à m’installer comme maraichère.

J’ai cherché des terres agricoles pendant deux ans. J’avais trouvé du foncier à Saint Août, mais cela ne correspondait pas à mes besoins.

Par chance, mon père qui habite la région –car  je suis originaire du Berry- à trouvé un bien qui se vendait ici à Laleuf, sur la commune de Nohant Vic, à côté du berceau familial ».

Qu’est ce qui fait que tu apprécies de vivre ici ?

« J’aime vivre proche de la nature (ici je ne suis pas dérangée par le bruit des voitures) et travailler avec les animaux. L’idée de la traction animale s’est imposée à moi. J’ai voulu travailler avec des ânes, bien adaptés au maraichage de part leur corpulence légère et des sabots plus petits que ceux des chevaux, ce qui permet d’évoluer plus facilement entre les rangs des cultures. Ce choix est également une évidence dans un objectif de développement durable.

Ensuite, ici, dans ce cadre de vie, je m’émerveille pour un rien. Je me sens à ma place dans ce que je fais. Je considère que mon rôle est aussi de faire prendre conscience de l’importance de produire et de manger des produits sains.

Je commercialise mes légumes sur place de un a quatre jours par semaine selon les saisons. Les clients apprécient les bons légumes mais prennent aussi le temps de s’assoir et de discuter un moment dans le point de vente. Ca crée des contacts, c’est un lieu d’échange ».

Comment a été vu ton projet par les gens d’ici ?

Le regard des « anciens » a d’abord été critique. Mon oncle, ancien agriculteur en retraite, a rigolé en me voyant arriver avec mes ânes alors qu’à son époque, l’arrivée du tracteur lui avait changé la vie. Finalement, il a reconnu la qualité de mon travail et a même été heureux de me transmettre des savoir-faire comme semer à la main.

D’autres disaient : « Elle s’installe avec des ânes ! Une fille en plus ! » Ce à quoi je réponds : « Dans la plus grande partie du monde, ce sont les femmes qui travaillent la terre et qui nourrissent le monde ! »

Quelles sont tes projets actuellement?

« Je veux me perfectionner dans ce nouveau métier qui nécessite une maitrise technique afin de pouvoir en vivre. Et pourquoi pas, à terme, mettre en place des visites pédagogiques qui me permettraient de partager ma passion et de sensibiliser les gens sur l’importance de choisir des légumes de qualité ».

Contact : http://www.lepotagerdenohant.fr/


Chronique d’une installation

30

Mar 2017

Chronique d’une installation

Lisa Wolf est née en Allemagne (comme le rappelle le titre de l’album solo de cornemuse qui  vient de paraitre et qu’elle a présenté le 9 mars lors d’une soirée publique au Bar l’Arcade de Neuvy Saint Sépulchre).couverture

 

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Après s’être formée au métier d’artisan et aux compétences utiles à la gestion et au développement de son activité, elle crée aujourd’hui  sa propre entreprise de réparation d’instruments à vent de la famille des bois et de fabrication de cornemuses. Elle propose également des cours, stages et animations de cornemuse.

Retour sur les grandes étapes de son parcours :

  • Naissance en 1986 à Stuttgart
  • 2005-2008 : Formation de trois ans en Allemagne chez Jürgen Trescher à Tübigen
  • 2009-2011 : Salarié chez Schwenk & Seggelke à Bamberg, entreprise artisanale renommée mondialement dans la fabrication de clarinettes modernes et anciennes et préparation du «  Meisterbrief » (diplôme allemand de « maître artisan »), obtenu en 2011.
  • 2011 : Arrivée en France. Lisa s’installe d’abord dans la région parisienne. Son rêve est d’ouvrir son propre atelier. Mais il se heurte aux prix élevé des loyers.
  • 2008 : Découverte du festival des « Rencontres des Luthiers et Maîtres Sonneurs » auquel Lisa participe désormais chaque année (aujourd’hui, elle est membre de l’association « Le Son Continu » qui a repris l’organisation du salon de lutherie). La découverte de cet événement musical va alors inspirer Lisa et son mari pour une future installation dans le Berry.
  • 2013 : Naissance de son premier enfant (Emmanuel) et installation à Neuvy Saint Sépulchre (d’abord en location).

CAAHL 006Photo : Yvan Bernaer

  • 2014 : Entrée dans la couveuse Native du Pôle Local d’Économie Solidaire. Lisa commence alors à exercer son activité « grandeur réelle » tout en complétant ses compétences en gestion, comptabilité, communication et elle démarche ses premiers clients.  Cette année-là, Lisa et son conjoint achètent aussi une maison à Neuvy Saint Sépulchre  (au 4, rue de la Fontchevrière) où Lisa commence à aménager son atelier actuel.
  • 2015 : naissance d’un second enfant (Anatole). Achat des machines-outils et inauguration de son atelier couplé à un stage de clarinette.
  • 2016 : Ouverture de son atelier au public sur 4 dates à l’occasion de l’opération « Secrets de fabrique ».
  • Mars 2017 : fin de sa période d’ « entrepreneur à l’essai » au sein de la couveuse Native de l’Indre et création de son entreprise individuelle en nom propre. Début des essais de la fabrication de cornemuses et sortie d’un album « Je suis née en Allemagne ».

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Photo : Yvan Bernaer

Contact :

                Atelier WOLF – le loup des bois

                4 rue de la Fontchevrière

                36230 Neuvy Saint Sépulchre

                07 82 26 59 07

                contact@atelier-wolf.com

 

Pour en savoir plus sur Lisa et ses services :  http://www.atelier-wolf.com

www.facebook.com/atelierwolf

Actualités : Lisa Wolf est lauréate régionale du Concours Ateliers d’Art de France.  Lire l’article.