Soutien à l’agriculture durable


Points d’abreuvement : des éleveurs de l’Indre en visite en Haute-Vienne

12

Juil 2019

Points d’abreuvement : des éleveurs de l’Indre en visite en Haute-Vienne

Jeudi 20 juin, une dizaine d’éleveurs du Boischaut Sud de l’Indre est allée à Peyrat-de-Bellac en Haute-Vienne pour observer et échanger autour d’aménagements de points d’abreuvement en bord de cours d’eau,  réalisés dans le cadre du Contrat de Rivière Gartempe par différents maîtres d’ouvrages.

A l’initiative de l’ADAR-CIVAM, cette visite a été organisée et permise grâce au Conservatoire des Espaces Naturels du Limousin (CEN Limousin) et au Syndicat Mixte d’Aménagement du Bassin de la Gartempe et de ses Affluents (S.M.A.B.G.A). Elle s’inscrit plus globalement dans un projet financé par l’Agence de l’eau, en partenariat avec Indre Nature et la Fédération de pêche de l’Indre sur les « Réseaux Hydrographiques et la Polyculture Elevage ».

L’après-midi s’est déroulée en deux temps. Tout d’abord, les présentations et le visionnage de vidéos réalisées dans la cadre du RZH sur l’aménagement de ponceaux et de descente aménagée dans la salle des fêtes de Peyrat-de-Bellac. Puis Etienne Boury, technicien du Syndicat Mixte d’Aménagement du Bassin de la Gartempe et ses Affluents (SMABGA), a mené le groupe pour observer directement plusieurs aménagements : des passages à gué utilisables par les vaches et le tracteur ; puis un abreuvoir avec pompe solaire et prise d’eau dans la Brame.

cf . Article sur le site du CEN Limousin : http://www.conservatoirelimousin.com/actualites-detail/items/agriculteur-de-lindre.html

Les enjeux agro-écologiques liés à l’aménagement de points d’abreuvement sont nombreux

–> Ecologiques d’une part avec des enjeux de protection des berges (risques d’érosion via le piétinement), de sédimentation des cours d’eau, de protection des ripisylves, de qualité de l’eau (déjection, bactéries..), de protection du milieu aquatique.

–> Agronomiques d’autre part, avec des enjeux de quantité et qualité d’eau pour la santé animale, d’accès à l’eau au pâturage et de praticité pour l’éleveur, du coût de l’eau (du réseau notamment), de maintien de l’élevage et du paysage bocager.

De nombreux aménagements son possibles et permettent de concilier ces enjeux en s’adaptant aux problématiques de l’éleveurs, à son système de pâturage, et au contexte hydrologique et pédologique :

  • Descente Aménagée
  • Abreuvoir gravitaire
  • Passage à Gué
  • Pompe à museau
  • Abreuvoir à pompe solaire
  • Abreuvoir à pompe éolienne
  • Bélier hydraulique
  • etc…

N’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez réfléchir à cette thématique sur votre exploitation ou être mis au courant de prochaines visites organisées. Adar-civam : urban.adar.bs@gmail.com / 02 54 48 08 82

Réglementation : guide entretien cours d’eau 2016 de la DDT à consulter.


Agriculture : diagnostiquer son sol pour adapter ses pratiques

01

Juil 2019

Agriculture : diagnostiquer son sol pour adapter ses pratiques

Les agriculteurs/trices du groupe DEPHY et du groupe 30 000 animés par l’Adar Civam partagent différents objectifs, dont la réduction des intrants (engrais, phytos, aliments, fioul…) et l’amélioration de la vie des sols.

Le sol, plus qu’un simple support de production, est en réalité un milieu vivant, complexe, et un capital à entretenir par l’agriculteur. Comme le disent les vieux adages : « la chaux enrichi le père et ruine le fils », et « qui chaule sans fumer se ruine sans y penser »!

Gestion du calcaire, apports de matière organique, adaptation du travail du sol, couverts végétaux, rotation : autant de leviers dont chaque agriculteur dispose pour valoriser son sol au meilleur de son potentiel, tout en préservant et améliorant sa structure et son fonctionnement biologique à long terme.

Pour acquérir des connaissances et de la méthode sur ce thème, des formations avec l’intervention de Jean-Pierre Scherer, pédologue et botaniste à la MFR de Chauvigny (86), ont eu lieu en mars et en avril 2019.

Objectif : savoir diagnostiquer son sol en autonomie à l’aide d’outils simple, et identifier les améliorations de pratiques souhaitables en fonction de chaque situation.

Pour le diagnostic de sol, plusieurs critères sont pris en compte :

– contexte de la parcelle et système de culture actuel de l’agriculteur

– observation et analyses d’un profil de sol : profondeur, taux d’argile (méthode du boudin), couleurs, enracinement, structure…

– caractérisation de la matière organique : est elle sous forme fugace et facilement minéralisable (bactéries dominantes), ou stable et sous forme d’humus (champignons dominants) ?

– présence de calcaire actif : le sol est-il de nature calcaire? Un entretien calcique doit-il être réalisé?

Une panoplie simple d’outils est nécessaire à ce diagnostic : une bêche, un couteau ou un tournevis, de l’eau oxygénée, de l’acide chlorhydrique… et une rigueur d’observation et d’analyse.

 

Selon les résultats du diagnostic, différents types d’actions peuvent être préconisées :

– apports de matière organique en adaptant le type (végétal/animal; rapport C/N), la fréquence, la quantité

– apports calciques pour éviter l’acidification du sol et maintenir sa structure, en adaptant la solubilité carbonique, la quantité et la fréquence

– adaptation du travail du sol (ne pas labourer trop creux ni trop fréquemment un sol fragile

– implantation de couverts végétaux en adaptant le choix des espèces et le mode destruction

– adaptation de la rotation

 

Une formation riche en enseignements. Pour aller plus loin, les agriculteurs de ces groupes souhaitent se former la saison prochaine à la reconnaissance des plantes bio-indicatrices des cultures, et également approfondir le travail sur l’implantation et la gestion des couverts végétaux.

Pour rejoindre la dynamique ou pour en savoir plus :

contacter Lucas HENNER au 07 89 50 80 44.

Accompagnement du groupe Dephy :

 

 

 

 

 

 

Accompagnement du groupe 30 000:

 


Formations et échanges sur les méteils pour gagner en autonomie alimentaire

26

Juin 2019

Formations et échanges sur les méteils pour gagner en autonomie alimentaire

L’Adar Civam anime plusieurs groupes d’agriculteurs du Boischaut Sud qui se réunissent régulièrement pour améliorer leurs pratiques.

Parmi eux, le groupe 30 000, composé de 9 éleveurs bovin viande et ovin, travaille sur la réduction des produits phytosanitaires et l’autonomie alimentaire.

Pour atteindre ce double objectif, les éleveurs ont souhaité travailler sur les méteils céréales/protéagineux : il s’agit de semer dans une même parcelle, un mélange de céréales (ex: blé, triticale, avoine, …) pour produire de la paille et du grain riche en énergie, et de protéagineux (pois, féverole, vesce…) pour améliorer la teneur en protéines du mélange récolté. L’objectif est de moins dépendre des aliments achetés pour l’atelier d’élevage, tout en améliorant sa rotation en bénéficiant des effets agronomiques du méteil. Deux modes de récoltes sont possible : en fourrage (ensilage ou enrubannage au printemps), ou en grain (moisson comme les céréales).

Ce printemps, deux sessions de formation ont eu lieu, avec l’intervention de Yan Mathioux, nutritionniste indépendant (cabinet De Meuh en Mieux).

Le 12 avril à Gargilesse, les bases théoriques ont été posées pour savoir composer un méteil adapté à ses objectifs (ration pour les vaches allaitantes ou ration d’engraissement, adaptation à la richesse de l’herbe dans la ration; etc.). Puis le 29 mai, un « rallye des méteils » a été réalisé sur 4 parcelles à Orsennes puis à Pommiers, pour voir différents types de méteils au champs et observer le résultat en fonction des différentes façons culturales.

Les méteils sont adaptés aux itinéraires techniques demandant moins d’intrants :

  • la présence de légumineuses qui fixent l’azote atmosphérique permet de réduire les apports en engrais minéral, voir de les supprimer.
  • La diversité d’espèces entraine une réduction du risque maladies en freinant mécaniquement la progression des champignons et en diluant la quantité de plantes sensibles : on peut donc réduire ou arrêter les fongicides avec moins de risque que sur une culture en pure.
  • Enfin, la diversité des systèmes racinaires et la présence de plantes pivots comme les féveroles, permettent un effet de structuration mécanique du sol, qui en font une bonne tête de rotation et aideront ceux qui souhaitent aller vers une réduction de la profondeur et de la fréquence du labour.

Les suites :

Les éleveurs qui le souhaitent, faisant partie du groupe 30 000 ou non, pourrons faire une analyse de leur méteil afin de connaître précisément sa valeur alimentaire.

Puis le 12 septembre, une nouvelle journée de formation avec Yan Mathioux visera à donner des outils aux éleveurs pour intégrer le méteil dans l’aliment et adapter la ration de leurs animaux.

De leur côté, les éleveurs ayant participé aux journées de printemps ont déjà affirmé vouloir augmenter la part de méteils protéagineux dans leur assolement 2019-2020. Pour certains,  l’achat en commun d’un séparateur de grain est envisagé pour encore mieux valoriser les récoltes de méteils grains : de belles perspectives pour l’autonomie alimentaire dans les élevages!

Pour participer à ces demi-journées d’échanges ou pour tout renseignement : contacter Lucas HENNER, 07 89 50 80 44.

Action menée pour le groupe 30 000 Boischaut Sud avec le soutien financier de :

 


Les agriculteurs des groupes Dephy et 30000 comparent leurs marges brutes

18

Déc 2018

Les agriculteurs des groupes Dephy et 30000 comparent leurs marges brutes

Mi décembre, à Neuvy St-Sépulchre puis à La Buxerette, ont eu lieu les dernières des 4 réunions annuelles respectives du groupe DEPHY (Démonstration, Expérimentation, Production de références sur les systèmes économes en produits PHYtosanitaires) et du groupe 30 000 (30 000 fermes en France engagées en agro-écologie) du Boischaut Sud animés par l’Adar Civam.

 

La comparaison des performances économiques de l’année était à l’ordre du jour de ces réunions, avec des discussions toujours accompagnées d’échanges techniques.

Les rendements plutôt médiocres de l’année, avec un hiver très humide suivi d’un été très sec, confirment que dans de nombreux cas aujourd’hui, les stratégies de réductions des charges peuvent être payantes. Ainsi par exemple, les meilleures marges brutes en blé et en colza 2018 sur 20 exploitations suivies correspondent à des conduites avec très peu voir pas du tout de pesticides. Même si avant la réduction des charges, c’est la construction d’un système de cultures robustes avec une rotation adaptée qui sont les principales clés de réussites.

Pour poursuivre la démarche, les groupes ont programmé en 2019 des visites de fermes en Bio et en non labour, ainsi que 2 jours de formation avec Jean-Pierre Scherer, agronome de la MFR de Chauvigny.

Le groupe Dephy a aussi profité de sa réunion pour rencontrer la presse locale, via le correspondant local de la Nouvelle République. Un article présentant les activités du groupe a été publié en ligne le 15 décembre, consultable ICI.

 

Pour rejoindre les démarches de groupes en réductions d’intrants ou pour en savoir plus :

contactez Lucas HENNER, animateur de l’Adar Civam, 07 89 50 80 44 – henner.adar.bs@orange.fr


Observation des vaches Aubrac de Roland Carrie à Vitrac dans l'Aveyron

23

Oct 2018

Finition à l’herbe : partage d’expériences

Les 17 et 18 octobre le réseau des éleveurs de l’ADMM (« Agriculture Durable de Moyenne Montagne ») ont reçus des éleveurs de différentes régions pour échanger sur l‘engraissement à l’herbe et la finition des animaux au pâturage, dans l’Aveyron. Ce réseau fonctionne sur la base de 9 structures associées sur ce projet depuis 2009 dont des structures CIVAM.

Discussion avec Richard Bony, éleveur de moutons à Campuac

« Depuis plusieurs années, des éleveurs du Massif Central cherchent à finir leur animaux au pâturage. Cette pratique a fait les preuves de son efficacité sur la qualité des produits finis et le coût d’engraissement. Avec cette rencontre, nous proposons de se retrouver pour découvrir des conduites sur d’autres élevages, dans d’autres contextes, pour partager nos savoir-faire et évoluer dans nos pratiques. » Jacques Gauvreau, éleveur dans le Limousin et président du CIVAM ADAPA (Association de Développement pour une Agriculture Plus Autonome), structure associée de l’ADMM.

Des éleveurs de Bretagne, de Vendée, et de l’Indre (accompagnés par deux animateurs de  l’ADAR-CIVAM), sont venus pour ces deux jours d’échanges et de visites de ferme :

  • La ferme de Richard Bony : Élevage ovins viande de 460 brebis conduit en A.B et en plein air (Suffolk, Berrichon), engraissement à l’herbe, vente à 100% en circuit long
  • La ferme de Roland Carrie : Élevage bovins viande de 60 mères  conduit en A.B et en système herbager traditionnel. Engraissement des génisses (auparavant des broutards) et de quelques réformes exclusivement à l’herbe. Vente circuit court et long.

Vaches Aubrac chez Roland Carrie – EARL du MAS Hermet – Vitrac

Les éleveurs ont pu échanger sur la faisabilité de l’engraissement à l’herbe au travers d’exemple et d’expériences concrètes. Les questionnements se sont orientés vers des thématiques communes :

  • Les contraintes sociales, économiques et environnementales des territoires
  • La ressource en herbe et le climat ; Engraisser à l’herbe en année sèche
  • La gestion de l’herbe et du pâturage
  • La gestion des prairies naturelles ou temporaires, les prairies humides
  • Le choix des races, la sélection
  • Les débouchés en filière longue et en filière courte
  • Les création de filières, de marques

Les visites de ferme ont finalement permis aux éleveurs d’échanger sur l’attractivité économique de la finition à l’herbe :  réduction des coûts d’alimentation et de mécanisation ; l’attractivité sociale : diminution de la charge de travail et satisfaction personnelle de laisser son troupeau s’alimenter à l’herbe, et enfin l’attractivité environnementale : système extensif et économe en intrants. La finition à l’herbe, c’est possible !…à conditions de l’adapter à son territoire, à son système et à ses objectifs.

Roland Carrie et l’Aligot, plat typique de la région

Au delà de la thématique de la finition à l’herbe, les échanges furent nombreux, notamment grâce au très bon accueil qu’ont réservé les Aveyronnais !

 

 


Visite de l’Agence de l’Eau en Boischaut Sud

13

Juil 2018

Visite de l’Agence de l’Eau en Boischaut Sud

Depuis 2017, trois projets de l’ADAR-CIVAM ont été lauréats d’appels à initiatives de l’Agence de l’Eau Loire Bretagne (AELB) : groupe « prairies naturelles », groupe 30 000 « réduction d’intrants » et le projet « polyculture-élevage et réseaux hydrographiques ».

Jeudi 12 juillet 2018, trois technicien.ne.s de l’Agence de l’Eau sont donc venus rencontrer l’ADAR et parcourir les prairies du Boischaut Sud afin de s’imprégner de ces projets. C’est Vincent Lamy, agriculteur à Neuvy qui a accueilli le groupe et témoigné de son expérience.

Les échanges ont notamment permis de réaffirmer l’importance de reconnaître l’existant, avant les changements de pratiques. En d’autres termes, de soutenir les pratiques agricoles qui ont toujours été favorables à la biodiversité et qui ont façonné la qualité de paysage que l’on connaît aujourd’hui.


Projet COLLAGRO : les collectifs d’agriculteurs acteurs des politiques publiques agro-environnementales

19

Juin 2018

Projet COLLAGRO : les collectifs d’agriculteurs acteurs des politiques publiques agro-environnementales

Les têtes de réseaux de groupes d’agriculteurs que sont Réseau CIVAM, la FADEAR, TRAME et la FN CUMA se sont regroupées au sein d’un projet financé par le Réseau Rural (Etat / Europe) pour réfléchir à l’implication possible des collectifs d’agriculteurs dans les futures politiques publiques agro-environnementales.

Les groupes locaux participants ont pu témoigner de leurs expériences locales : ainsi l’Adar Civam à fait part de son implication dans l’émergence et l’animation du projet de MAET en Boischaut Sud, projet qui n’est pas si commun du point de vue national, où les projets de MAE sont encore souvent gérés à échelle régionale et tiennent moins compte des spécificités locales. Ces spécificités locales ont dans une certaine mesure pu être intégrées dans les MAE en Boischaut Sud depuis les MAET « prairies humides » de 2011.

Aujourd’hui, plusieurs collectifs d’agriculteurs du Boischaut Sud, comme le groupe Dephy, le groupe 30 000 ou le groupe prairies naturelles, recherchent des solutions pour mieux préserver l’environnement (préservation de la biodiversité, réduction des produits phytosanitaires) tout en maintenant une activité agricole économiquement et socialement viable. Et si demain, ce type de groupes était impliqué dans la conception des futures MAEC, pour encore mieux adapter les cahiers des charges et les objectifs de progression à la réalité de terrain? Et si ces collectifs étaient directement impliqués dans la distribution des aides aux agriculteurs du territoire, et dans l’évaluation du dispositif ? Utopique ? C’est pourtant ce qu’a réussi à mettre en oeuvre l’association NFW, au nord de la Hollande, où les aides agro-environnementales de la PAC sont directement gérées cette association qui réuni agriculteurs, ruraux, et environnementalistes. Un voyage d’étude réalisé dans le cadre du projet Collagro a permis à des représentants de l’Adar Civam et d’autres groupes français d’aller étudier ce fonctionnement, et voir en quelle mesure il serait transposable dans nos régions.

En perspectives, la plus forte implication des groupes d’agriculteurs dans les politiques publiques agro-environnementales pourrait être expérimentée en Boischaut Sud en 2019-2020, dans le cadre d’une suite du projet Collagro qui reste à confirmer.

Pour en savoir plus sur l’étude menée en France et au Pays Bas : RAPPORT ILLUSTRE

Pour en savoir plus sur les activités des groupes d’agriculteurs en lien avec l’agro-écologie animés par l’Adar Civam : contacter Lucas Henner – 07 89 50 80 44


Visite du Président du Ceser en Boischaut-Sud

13

Fév 2018

Visite du Président du Ceser en Boischaut-Sud

Jeudi 8 février, alors qu’il était en déplacement dans l’Indre pour la journée, Eric Chevée Président du Ceser est venu à la rencontre des agriculteurs du Pays de La Châtre.

Hervé Coupeau et Jean-Claude Moreau, tous deux siégeant au Ceser, l’ont guidé durant une après-midi auprès des agriculteurs du territoire afin de porter à sa connaissance les pratiques et initiatives qui illustrent une volonté et le potentiel pour promouvoir un terroir et une image de marque du Boischaut Sud. Ce sont ainsi illustrés comme thème phare les MAEC, le bois-énergie ou encore la filière viande locale dont l’abattoir de Lacs constitue un atout structurel majeur.

Article La Nouvelle République – 10/02/2018

Crédit Photo_ Jean-Michel Bonin La Nouvelle République


Observatoire technico-économique du Réseau Civam : résultats des systèmes herbagers économes.

08

Fév 2018

Observatoire technico-économique du Réseau Civam : résultats des systèmes herbagers économes.

Depuis 2000, l’observatoire technico-économique du Réseau Civam compare les performances des exploitations d’élevage herbivore en Agriculture Durable (AD) avec celles du RICA (Réseau national d’Information Comptable Agricole). Les exploitations « AD » sont caractérisées par un système économe et autonome en intrants. En élevage, ces systèmes reposent sur l’optimisation de la ressource fourragère, notamment par la maximisation du pâturage, et sont ainsi appelés systèmes herbagers.
Cette synthèse présente comme chaque année les résultats comparés des fermes AD avec le RICA en système bovins laitiers.
Un travail est en cours au sein du réseau Civam pour développer les références technico-économiques issues des fermes en bovin allaitant des groupes Civam, notamment parmi nos voisins de la Vienne et du Limousin. Les agriculteurs volontaires du Boischaut Sud de l’Indre pourront s’intégrer dans cette évaluation.
Contact : Lucas Henner, chargé de mission Agriculture durable, systèmes économes et autonomes – 07 89 50 80 44 – henner.adar.bs@orange.fr

Retour sur le Carrefour en Boischaut Sud 2018

19

Jan 2018

Retour sur le Carrefour en Boischaut Sud 2018

Hier soir se tenait, à Neuvy St Sépulchre, le 10ème Carrefour organisé par l’ADAR Civam. Cette année, une soixantaine de participants, agriculteurs, élus ou agents des communes, et particuliers, sont venus pour échanger sur le thème de la réduction des produits phytosanitaires.

Après un mot d’accueil de la mairie de Neuvy-St-Sépulchre qui a accueilli cette soirée en sa salle des fêtes, la soirée a été introduite par Daniel Calame, élu du Pays de La Châtre en Berry et Vice-Président de l’Adar Civam, rappelant que des Carrefours sont organisés depuis  2008 par l’Adar Civam sur le territoire afin de croiser les regards entre acteurs du monde rural.

 

Ce carrefour était l’occasion de promouvoir d’une part l’opération « Objectif Zéro Pesticides » dans le cadre de l’animation de la Trame Verte et Bleue en Pays de la Châtre en Berry, et d’autre part le groupe d’agriculteurs DEPHY, dans le cadre du plan Ecophyto.

 

M. Mitaty, maire de Crozon Sur/Vauvre, Philippe Routet et Marie-Annick Beaufrère, adjoints au maire de Neuvy St-Sépulchre, ont témoigné de leur expérience dans l’Opération Zéro Pesticides: du déclic venu pour des raisons de santé et de préservation de l’environnement, à la mise en œuvre technique, en passant par la communication envers les habitants.

A Crozon Sur-Vauvre, une visite en Brenne a donné envie au maire de s’engager : il a alors contacté le Pays de La Châtre en Berry pour que celui-ci s’empare de la démarche. C’est une volonté commune entre agents techniques et élus qui a permis à la commune d’être 100% Zéro Phyto en très peu de temps. La commune de Neuvy St-Sépulchre a également choisi d’entrer dans la démarche : « Nous réalisons déjà une foire Bio tous les ans, et sommes engagés dans l’Agenda 21, l’opération zéro pesticides était une suite logique », témoigne Marie-Annick Beaufrère. Le programme a permis un accompagnement technique par Gilles Dézécot, chargé de l’opération à Indre Nature. Concernant les trottoirs et espaces publiques, la gestion différenciée par zones, avec la végétalisation de certains espaces et la pratique de la fauche tardive sur d’autres zones, est un levier qui a été mentionné.

Le principal enjeu est de réussir la communication auprès des habitants : « ce n’est pas notre métier, on ne sait pas bien s’y prendre », admet Philippe Routet. Le s animations proposées par le CPIE Brenne-Berry via son salarié Quentin Revel sont alors entrées en jeu, en associant directement la population : atelier de semis en pieds de murs à Crozon S/Vauvre qui a attiré 40 personnes, construction d’un hôtel à insectes et d’un nichoir à oiseau avec les CM2 à Neuvy St-Sépulchre. Les élèves ont par la suite été jusqu’à demander un composteur pour les déchets verts de la cantine, que la mairie a mis en place.

 

Côté agriculture, le réseau des fermes Dephy (3000 fermes réparties dans 250 groupes en France) mis en place dans le cadre du plan Ecophyto, travaille à l’élaboration de références surdes systèmes moins dépendants aux pesticides. En Boischaut Sud de l’Indre, le groupe animé par l’Adar Civam regroupe 9 fermes en polyculture-élevage (dont 1 en agriculture biologique)  et 2 en grandes cultures, qui cherchent des solutions pour être plus autonome en alimentation  tout en réduisant les produits phytosanitaires et en améliorant la vie du sol.

Olivier Fradet, éleveur à Cluis, témoigne :

«Il faut d’abord se convaincre soi-même. J’ai eu des problèmes de paramphistomes (parasite) sur mes vaches, et malgré de plus en plus de chimie, le problème ne cessait pas. Face à cette impasse technique, j’ai cherché des solutions alternatives : avec des produits naturels, et en ajustant  plusieurs curseurs de mon système d’élevage (alimentation notamment), j’ai pu régler le problème. Le paramphistome n’est pas éradiqué, mais j’ai amélioré l’immunité de mes vaches, et donc ce n’est plus un problème. Je me suis dit, pourquoi  ne pas transposer cette logique sur les cultures ? Quand Lucas Henner m’a contacté pour former un groupe Dephy, j’ai donc accepté pour trouver des solutions dans ce groupe. »

Utiliser des variétés de céréales plus rustiques « qui ne sont pas des formules 1 mais qui sont plus robustes faces aux maladies », mélanger les variétés pour tamponner les aléas climatiques, les associer à des légumineuses pour limiter les besoins d’apports en azote, modifier sa rotation pour éviter de favoriser les adventices… De nombreux leviers ont été abordés. Loïc Dekoster, céréalier à Jeu-Les-Bois, a présenté sa démarche d’agriculture de conservation qui s’est aussi traduite par des réductions de pesticides. « A mon installation, des analyses de sols ont révélé de gros déficits et des problèmes de pH. Le premier objectif a donc été de reformer ces sols pour y faire fonctionner la vie ». Implantation de couverts multi-espèces entre les cultures, apports de matière organique, limiter au maximum le travail du sol, ont commencé à porter leurs fruits sur la ferme. « Au mois de janvier,  j’ai eu 80 mm de pluies en quelques jours. Les cannes de maïs laissées sur le sol dans mon champ de féverole ont permis de limiter l’érosion. J’ai aussi observé des champignons repousser sur certaines parcelles ».

 

Pour les particuliers, les solutions existent aussi pour reconcevoir l’entretien de son jardin sans produits phytosanitaires : « il faut réapprendre, regarder autrement et accepter qu’il reste des hautes herbes voire des orties ; les orchidées sauvages reviennent aussi, on se réhabitue à la présence d’insectes », témoigne une habitante. L’exposition  « Jardinons au naturel » proposée par le CPIE Brenne-Berry peut donner des idées  de techniques innovantes pour les habitants intéressés.

 

Jean-Claude Moreau, président de l’Adar Civam, a conclu ce débat riche en échanges. « C’est important pour l’Adar Civam que les agriculteurs, les communes, tous les acteurs du territoire puissent être libre dans leurs têtes et puissent innover pour trouver des solutions sur notre territoire. » C’est ce que les témoignages du Carrefour ont montré ce jeudi soir à Neuvy St-Sépulchre.

 

 

Avec le soutien de :



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