Histoire d’une reconversion réussie

Histoire d’une reconversion réussie

S’il fallait une preuve qu’il est possible de changer de métier et de s’épanouir dans sa « nouvelle vie » en s’installant sur une petite surface en maraichage, Fabienne Mijoin, maraichère utilisant la  traction animale à Laleuf (commune de Nohant Vic) peut en témoigner.

C’est en cherchant à concilier sa passion pour la nature, le souhait de s’alimenter sainement qu’elle en est venue à faire du maraichage conduit en traction animale avec des ânes (lire l’article qui lui a été consacré  en page 50 du N° 139 -Printemps 2017- de La Bouinotte).

Elle explique ses choix et revient sur les moments forts de son installation :

Pour quelles raisons t’es tu installée ici ?

« En Savoie, où je travaillais comme comptable, il n’y  avait pas de terre disponible à des prix inabordables.

J’ai suivi une formation sur la production des plantes sauvages et médicinales, puis j’ai passé un BPREA à la Motte-Servolex. Après cette formation, je n’ai pas réussi à retourner travailler au bureau. Je me suis posé la question de comment je pourrais vivre si je partais m’installer à la campagne. J’avais compris que se nourrir sainement est primordial. L’idée de produire mon alimentation m’a conduit à m’installer comme maraichère.

J’ai cherché des terres agricoles pendant deux ans. J’avais trouvé du foncier à Saint Août, mais cela ne correspondait pas à mes besoins.

Par chance, mon père qui habite la région –car  je suis originaire du Berry- à trouvé un bien qui se vendait ici à Laleuf, sur la commune de Nohant Vic, à côté du berceau familial ».

Qu’est ce qui fait que tu apprécies de vivre ici ?

« J’aime vivre proche de la nature (ici je ne suis pas dérangée par le bruit des voitures) et travailler avec les animaux. L’idée de la traction animale s’est imposée à moi. J’ai voulu travailler avec des ânes, bien adaptés au maraichage de part leur corpulence légère et des sabots plus petits que ceux des chevaux, ce qui permet d’évoluer plus facilement entre les rangs des cultures. Ce choix est également une évidence dans un objectif de développement durable.

Ensuite, ici, dans ce cadre de vie, je m’émerveille pour un rien. Je me sens à ma place dans ce que je fais. Je considère que mon rôle est aussi de faire prendre conscience de l’importance de produire et de manger des produits sains.

Je commercialise mes légumes sur place de un a quatre jours par semaine selon les saisons. Les clients apprécient les bons légumes mais prennent aussi le temps de s’assoir et de discuter un moment dans le point de vente. Ca crée des contacts, c’est un lieu d’échange ».

Comment a été vu ton projet par les gens d’ici ?

Le regard des « anciens » a d’abord été critique. Mon oncle, ancien agriculteur en retraite, a rigolé en me voyant arriver avec mes ânes alors qu’à son époque, l’arrivée du tracteur lui avait changé la vie. Finalement, il a reconnu la qualité de mon travail et a même été heureux de me transmettre des savoir-faire comme semer à la main.

D’autres disaient : « Elle s’installe avec des ânes ! Une fille en plus ! » Ce à quoi je réponds : « Dans la plus grande partie du monde, ce sont les femmes qui travaillent la terre et qui nourrissent le monde ! »

Quelles sont tes projets actuellement?

« Je veux me perfectionner dans ce nouveau métier qui nécessite une maitrise technique afin de pouvoir en vivre. Et pourquoi pas, à terme, mettre en place des visites pédagogiques qui me permettraient de partager ma passion et de sensibiliser les gens sur l’importance de choisir des légumes de qualité ».

Contact : http://www.lepotagerdenohant.fr/